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Quelle place la cognition occupe-t-elle dans l'art ? Telle est la question posée dans ce texte portant sur la relation entre l'art et la cognition. En partant de la démarche de Gombrich, laquelle a consisté à se reporter à la psychologie de la perception pour la construction d'une histoire de l'art, l'auteur tente de démontrer la toute légitimité de la place que la cognition occupe actuellement dans le champ de l'art numérique.
Certaines œuvres des années 1960 proposent au spectateur différentes articulations entre la participation et l'interprétation pour leur activation. Il s'agit de nouveaux rapports entre l'implémentation et l'exécution qui nous interrogent sur la part qui revient à la matérialité de l'œuvre, à sa communicabilité et à l'exécution/actualisation de son destinataire pour cette activation. Les réponses du public contribuent-elles à l'existence et à l'ontologie de ces œuvres ?
Dans un portrait, les personnes photographiées ont tendance à cacher leur fatigue. Paradoxalement, le photographe Marc Trivier cherche à ce qu'elle soit visible. Comme si le modèle ne maîtrisait plus son image. C'est une sorte de mise à nu, obtenue par la présence amoindrie de l'appareil photographique, par l'abandon des codes du portrait de célébrité mais aussi par la mise en place d'un dispositif temporel. Il utiliserait l'image négative de la fatigue, pour rendre un portrait plus « vrai » ou plus humain, un portrait de célébrité plus anonyme.
Dans ce texte, Papadimitropoulos s'intéresse aux rapports entre l'œuvre photo et cinématographique de Depardon et ses écrits réflexifs sur son propre travail artistique. Le parti pris de l'auteur est de montrer que les relations entre écrits et pratiques reposent sur une quête existentielle de l'artiste, de façon à mettre en évidence les raisons de nature psychologique qui peuvent expliquer la création artistique en général et de Depardon en particulier. Toutefois, on sera surpris de découvrir derrière le Depardon documentariste et attentif au fonctionnement du monde social, un Depardon tourmenté et inquiet de son identité d'artiste, ou peut-être s'agit-il du prisme de l'auteur qui défend ici, avec lyrisme, une version subjectiviste de la création artistique.
Partant du statut singulier de Fountain parmi les ready-made de par son énonciation et sa fortune critique, nous engageons une réflexion sur l'ensemble de ce type de d'œuvre, pour finalement nous tourner vers une réévaluation des productions du constructivismes et du productivismes russe. Á partir de cette interrogation à double entrée, c'est l'affrontement des avant-gardes historiques entre deux projets pour l'objet dans l'art — tour à tour dans la vie (ready-made) ou à son service (constructivisme et productivisme) —, mais aussi de deux conceptions du monde, qui se joue.
Maxence Alcalde : Portrait de l'artiste en travailleur. Métamorphoses
du capitalisme de Pierre-Michel Menger
Stéphane Reboul : Moi Gabriel vous Marie de Marie-Dominique Popelard
et Des faits et gestes de Marie-Dominique Popelard et Anthony
Wall Soko Phay-Vakalis : Exposition « Alors la Chine » au
Centre Pompidou
Jérôme Glicenstein : Expositions « Hardcore »
et « GNS » au Palais de Tokyo
What is the place of cognition in art ? This is the question submitted by this text about the relation between art and cognition. Starting with Gombrich's practice, which consisted in turning to the psychology of perception in order to construct an art history, the author tries to demonstrate the whole legitimacy of cognition in the field of digital art
Some artworks of the Sixties confront the spectator with various articulations between participation and interpretation during their activation. These are namely new relations between implementation and execution, that question us about the part that rely on the artwork's materiality, on its communication potentiality, as well as the execution/actualising of its receiver in the activation. Do the public's responses contribute to the existence and the ontology of these works?
In a portrait, the people that are being photographed tend to hide their tiredness. Paradoxically, the photographer Marc Trivier, seeks to render it visible. Just as if the model no longer mastered his own image. It is a kind of undressing, obtained through the diminished presence of the camera, through a renunciation to the celebrity portrait's codes, but also through the setting of a temporal situation. Trivier would use the negative image of tiredness, in order to make a portrait more «real « or more human, a celebrity's portrait more anonymous.
In this article, Papadimitropoulos questions the relations between Depardon's film and photography; and his reflexive writings about his artistic practice. The author's prejudice is to show that the relations between writings and practices are based on an essentialist quest of the artist, putting forward the psychologically bounded reasons that can explain artistic creation in general, and more specifically Depardon's own practice. One will however, be surprised to discover behind the documentary maker rather inclined to the observation of the social world, a Depardon tormented and worried about his own artistic identity.
Reckoning with the specific status of Fountain among the ready-mades – due to its enunciation and critical acclaim- we set forth into reflections upon the diversity of such items; before eventually turning to a reconsideration of Russian constructivist and productivist practices. After this multiple entry questioning, it is the confrontation of the historical avant-gardes, between two projects about the object in art that is played. First in life (ready-made object), then supporting life (constructivism and productivism). This opposition is simultaneously an opposition of world views.